Politique
dimanche juillet 23, 2017
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C’est une déclaration grave de conséquences que le président de la CENI (Commission électorale nationale indépendante), Corneille Nangaa, a faite vendredi dernier à Paris en annonçant l’impossibilité d’organiser les élections en RD Congo avant la fin de l’année 2017.


 A travers ladite déclaration saluée à Kinshasa par André Alain Atundu, porte-parole de la Majotité présidentielle, plate-forme des partis politiques qui soutiennent le président Joseph Kabila, ce dernier se maintient au pouvoir en violation de l’accord politique du 31 décembre 2016 qui prévoit une transition politique d’une année et la tenue des élections au plus tard le 31 décembre 2017.
Sous prétexte que « les conditions de sécurité dans plusieurs provinces du pays notamment le Kasaï, ne permettent pas pour l’instant un déroulement correct du scrutin, Corneille Nangaa qui a été désigné président de la CENI par Joseph Kabila joue en fait le jeu d’une nouvelle prolongation au profit du président sortant qui ne peut plus solliciter un troisième mandat après son deuxième et dernier mandat qui s’est terminé en décembre 2016.
La situation politique de notre pays demeure ainsi très préoccupante. Car, la non organisation des élections en 2017 viole les dispositions pertinentes de l’Accord politique du 31 décembre 2016 négocié par la classe politique sous l’égide des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo ( CENCO) qui donnait une nouvelle légitimité politique au président Kabila dont la mandat était arrivé à échéance en décembre 2016.
En vérité, après l’interprétation de la disposition constitutionnelle sur la fin du mandat présidentiel  par la Cour constitutionnelle (dont tous les membres sont nommés par le président Kabila) selon laquelle le président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation de son successeur élu (et non jusqu’à la fin de son mandat), Kabila est assuré de s’éterniser au pouvoir quand bien même les élections ne seraient pas organisées sous divers prétextes comme celui de l’insécurité au Kasaï notamment.
Or, on sait qu’en 2006 et 2011, des élections avaient été organisées alors que certaines provinces au Kivu notamment avaient des pans entiers des territoires sous contrôle des miliciens ou autres rebelles appelés forces négatives. Mais, parce que Kabila était assuré de l’emporter avec la bénédiction d’une certaine communauté internationale, des élections avaient été organisées et reconnus internationalement en dépit des fraudes massives pourtant attestées par des observateurs internationaux.
A présent, après ce coup de force signé Kabila en bonne intelligence avec son homme de mains placé à la tête de la CENI, des voix s’élèvent au sein de la majorité présidentielle en vue de l’organisation d’un référendum pour modifier la constitution et permettre à Kabila de briguer un troisième mandat présidentiel.
La balle est dans le camp du peuple qui doit utiliser toutes les prérogatives que lui donne la constitution pour barrer la route à Kabila et à sa bande qui veulent pérenniser la dictature instaurée dans notre pays depuis son accession à la magistrature suprême de notre pays en 2001 comme si le Congo était une royaume. L’article 64 de la Constitution est claire : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la constitution ».


Odia Mukadi Dody.