Politique
jeudi août 17, 2017
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En exploitant ''l'agir communicationnel congolais en réseau'', le trio de nos ''héros'' atteste que travailler ensemble en tant que compatriotes et patriotes peut être facilité par les NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) dans un monde qu'elles ont transformé en ''un petit village''. Ces ''ascètes du provisoire'' méritent d'être immortalisés de leur vivant. Ils déploient des énergies et un travail considérables pour une noble cause. Il leur arrive même de moraliser ''le débat public'' en proscrivant les injures et en invitant à une plus grande convergence de vue (entre les patriotes congolais.) Ils nous disent que malgré tout ''l'Eléphant Congo-Kinshasa'' se remet, petit à petit, debout.

 

Plusieurs Congolais(es) ont pris du temps à comprendre ce qui se passe dans leur pays depuis plusieurs années. Plusieurs mouvements de jeunes tentent de remettre ce pays debout. Trois sortent du lot. Leur capacité de penser et d'inviter à la réflexion sur les réseaux sociaux redonne une certaine fierté. Ce trio a une bonne maîtrise du lingala et mène beaucoup de débat de fond. Que ce débat soit, de temps en temps, idéologiquement orienté, c'est cela qui constitue leur atout.

Ce trio sait que la situation du pays est très volatile. Il sait que tout peut arriver à tout moment. Il sait qu'il peut se réveiller un matin et ne pas se coucher le soir. Néanmoins, il accepte d'assumer son devoir citoyen d' éduquer, d'informer et de conscientiser par les réseaux sociaux interposés. Il est ''pragmatique''. Il cultive l'art de faire attention aux conséquences de son engagement citoyen tout en se déclarant prêt à aller jusqu'au bout. Il est porté par le désir d'un autre Congo et ne lésine pas sur les moyens pour en critiquer sévèrement les fossoyeurs. De l'intérieur du pays, il renaît Lumumba ; et plus près de nous, Chebeya. Ce Congolais convaincu qu'''on ne lutte pas en se cachant''.

Ce trio assumant son devoir citoyen, contre vents et marées, porté par la foi en un avenir prospère de son pays et en la vie plus forte que la mort, s'exerce à l'ascèse au cœur d'une situation très précaire. Il mate en lui le goût des honneurs, le triomphe de l'avarice et de la cupidité pour une cause noble : un Congo où le bonheur collectif est partagé et où l'Etat est au service du bien commun local, national et humain. Il commet, consciemment, ''le crime de pensée''.

Il crée un autre journalisme d'investigation et un autre débat ; un débat d'identification et des citoyens et de ceux qui prétendent être ''les acteurs politiques''. A ses risques et périls, il dit qui est qui. Il sait dénicher, derrière les grosses voitures, les costumes et cravates, ''des petits messieurs'' ; cette infime minorité (du 1%) constituant un réseau transnational de prédation et de mort au cœur de l'Afrique.

Le trio (Daniel Safu, Mike Mukebayi et Eliezer Ntambwe) est en train de mettre sur pied un contre-réseau transnational de contre-propagande des médiamensonges congolais par-delà la tribu et l'ethnie. Mike Mukebayi peut, par exemple,parler de Jean-Marie Kasamba sans froid aux yeux.

Travailler au cœur d'une situation volatile de crise profondément anthropologique, chercher à remettre plusieurs cerveaux congolais à l'endroit en évitant de croire à la fatalité ; tout cela fait, à mes yeux, de ces trois compatriotes, ''des ascètes du provisoire''. Ils ne sont pas seuls. Ils sont de plus en plus les plus visibles sur les réseaux sociaux. Ils ont imprimé leur marque à l'histoire congolaise. De leurs vivants, ils sont à la fois nos ''hérauts'' et nos ''héros''.

Ces ''héros'' jouent leur crédibilité sur les réseaux sociaux. Des compatriotes leur font de plus en plus confiance. Des émissions de Tokomi Wapi ont permis à certains compatriotes restés au pays d'être aidés par leur diaspora par le biais de ''leur Ndeko Eliezer''.

Ces ''héros'' rendent efficient ''l'agir congolais en réseau'' en commençant par l'essentiel : ''la pensée et la réflexion collective''. Si les réseaux sociaux étaient la chose la plus partagée, dans leur usage au Congo-Kinshasa, ce trio de ''hérauts'' participerait activement au travail de la politisation des masses par ''la pensée et la réflexion collectives suffisamment informées'' . Il apprendrait, en nos langues et aux masses populaires, ce que signifie ''la réappropriation de l'histoire'', chère à Daniel Safu.

Sans ''une pensée et une réflexion collective suffisamment informées'', la désobéissance civile ou ''la révolution populaire'' sont de ''vaines expressions''.

En exploitant ''l'agir communicationnel congolais en réseau'', le trio de nos ''héros'' atteste que travailler ensemble en tant que compatriotes et patriotes peut être facilité par les NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) dans un monde qu'elles ont transformé en ''un petit village''.

Ces ''ascètes du provisoire'' méritent d'être immortalisés de leur vivant. Ils déploient des énergies et un travail considérables pour une noble cause. Il leur arrive même de moraliser ''le débat public'' en proscrivant les injures et en invitant à une plus grande convergence de vue (entre les patriotes congolais.)

Que leur penchant pour l'un ou l'autre groupement politique soit de temps en temps soupçonnable, cela n'enlève pas grand-chose à leur ''professionnalisme''. Ils attestent que la neutralité, en journalisme et en politique, est discutable. Il serait souhaitable que nous soyons de plus en plus nombreux à les écouter et à soutenir leurs efforts de lutte.

 

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961