Politique
mardi novembre 21, 2017
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''Le crime de penser est la mort''. G. ORWELL

Dans le programme de domination impérialiste, il n'y a pas de place pour des sujets libres et souverains. Non. L'espace stratégiquement indispensable à l'impérialisme doit être habités par des vassaux, de ''nègres de service'', des laudateurs, des thuriféraires et d'autres indigents. Pour dire les choses autrement, des dominés et des vaincus. Nous penser dominés et vaincus, c'est refuser de quitter ''la route du nouveau désordre mondial'' et du refus du monde multipolaire en oubliant que ''la stratégie du chaos et du mensonge'' made in USA a servi leurs ambitions mégalomaniaques secrètes depuis bientôt plus ce cinquante ans

 

Il n'est pas rare d'entendre certains compatriotes soutenir la thèse selon laquelle le Congo-Kinshasa n'est pas le seul pays où les impérialistes ont leurs intérêts. Il y en a bien d'autres à travers le monde.

Et contrairement à ces autres pays, le Congo-Kinshasa ne se développe pas. En d'autres termes, il est possible d'être sous le joug impérialiste est de se développer. Une pure absurdité ! Encore faudrait-il qu'il y ait un minimum de consensus sur la définition du mot développement !

Se penser ''développés'' sous le joug impérialiste implique un refus de questionner ses principes ou la volonté de les ignorer. Quand, un groupe d'études du CFR (Conseil des Relations Extérieures) et du Département d'Etat américain conçoit l'implantation de l'empire US, il pense aux principes sur lesquels il va l'asseoir. Il exclut la possibilité que les impérialistes puissent recourir à l'altruisme et à la philanthropie. Il classifie les droits de l'homme, l'élévation du niveau de vie et la démocratisation dans la catégorie des objectifs vagues et irréels. Les hommes concoctant les grandes lignes de l'expansion américaine optent pour le cynisme et l'asymétrie dans les relations que le pouvoir US devrait entretenir avec les peuples habitant l'espace mondial stratégiquement indispensable à l'empire US. Ils optent pour le recours aux ''concepts de pure puissance'' dans leur quête de ''nouvelles terres'', des énergies, des matières premières stratégiques et de la main -d'oeuvre servile.

Les concepteurs de l'étude dénommée ''Guerre et Paix'' optent pour la guerre. Mais ils auront besoin de ''la tromperie sur les intentions et (de) l'hypocrisie au service de la manipulation des esprits'' pour cacher le programme que l'ambassadeur George Kennan présentera au Pentagone en 1948.

Nous penser dominés et vaincus, c'est refuser de décortiquer ce programme, de questionner le recours permanent à ''la stratégie du chaos et du mensonge'' ; c'est accepter normaliser l'hypocrisie et la manipulation des esprits made in US. C'est renoncer à penser les conditions de possibilité de notre collective émancipation de ''la stratégie du chaos et du mensonge''. C'est opter pour la servilité. C'est tomber dans le fatalisme.

Dans le programme de domination impérialiste, il n'y a pas de place pour des sujets libres et souverains. Non. L'espace stratégiquement indispensable à l'impérialisme doit être habités par des vassaux, de ''nègres de service'', des laudateurs, des thuriféraires et d'autres indigents. Pour dire les choses autrement, des dominés et des vaincus.

Nous penser dominés et vaincus, c'est refuser de quitter ''la route du nouveau désordre mondial'' et du refus du monde multipolaire en oubliant que ''la stratégie du chaos et du mensonge'' made in USA a servi leurs ambitions mégalomaniaques secrètes depuis bientôt plus ce cinquante ans. (Lire P. DALE SCOTT, La route vers le nouveau désordre mondial. 50 ans d'ambitions secrètes des Etats-Unis, Paris, Demi-lune, 2011).

Sachant que plusieurs d'entre nous se pensent ''dominés et vaincus'', voilà qu'ils disent vouloir poursuivre ''la guerre contre le terrorisme'' en Afrique. Il est possible qu'ils se disent que les Africains, dans leur immense majorité, ne savent pas qu'ils ont soutenu, avec leurs alliés, ''les terroristes'' en Syrie, en Irak, en Libye, etc. (Lire J.-L. IZAMBERT, Crimes sans châtiment, Paris, Ed. 20 cœurs, 2013 et J.-L. IZAMBERT, 56. Tome I. L'Etat français complice de groupes criminels, Paris,isEdition, 2015). Il est probable qu'ils soient convaincus que des masses d'Africains ne savent pas qu'ils ont créé AFRICOM pour contrôler les espaces africains stratégiquement indispensables à leurs trans et multinationales, eu égard aux matières premières stratégiques dont ils regorgent.

Quand certains compatriotes africains et congolais liront ce que Jeune Afrique écrit sur l'engagement des américains dans la lutte contre le terrorisme en Afrique (http://www.jeuneafrique.com/485956/politique/chute-de-letat-islamique-les-etats-unis-veulent-renforcer-leur-presence-militaire-en-afrique/), ils risquent d'applaudir de deux mains et de deux pieds. Inutilement. ''La guerre contre le terrorisme'' est une tactique rentrant dans la stratégie du ''chaos et du mensonge''. Leur armée est installée en Afrique depuis le 1er octobre 2008. Depuis cette année, ils ne se satisfont pas des services de leurs sous-fifres rwandais et ougandais. Ils ont peur de la montée de la Chine en Afrique et de sa politique des relations plus égalitaires et respectueuses de la souveraineté des peuples.

Africom est en Afrique pour contrer la Chine. ''La guerre contre le terrorisme'' est un subterfuge. Les Congolais(es) organisé(es) en conscience sont averti(e)s. En 2011, Michel Collon leur disait ceci : ''Donc, si vous voulez savoir où se dérouleront les prochaines épisodes de la fameuse ''guerre contre le terrorisme'', chercher sur la carte le pétrole, l'uranium et le coltan, et vous aurez trouvé. Et comme l'Islam est répondu dans de nombreux pays africains, dont le Nigéria, vous avez déjà le prochain scénario. » Et Michel Collon finit par poser la question de l'objectif réel d'Africom. Il répond : «  ''Stabiliser'' la dépendance de l'Afrique, l'empêcher de devenir un acteur indépendant qui pourrait s'allier à la Chine et à l'Amérique latine.'' (M. COLLON, Libye, OTAN et médiamensonges. Manuel de contre-propagande, Bruxelles, Investig'Action, 2011, p.51).

Condamner l'Afrique à demeurer dépendante de l'Occident et sans possibilité de diversifier ses partenaires extérieurs, tel fut l'un des objectifs de la guerre contre la Libye. Contrôler les voies maritimes du côté de l'Océan indien en déstabilisant la Somalie et l'Erythrée. Disons que ''la guerre en morceau'' se poursuit en Afrique pour répondre aux ambitions secrètes des USA : dominer le monde, vassaliser les peuples et être l'unique puissance à disposer des matières premières stratégiques des espaces contrôlés pour ses entreprises trans et multinationales.

La Russie, la Chine, l'Iran et la Syrie sont en train de prouver que le monde est devenu multipolaire et ne peut plus être soumis à la mégalomanie des Yankees. L'Allemagne semble l'avoir aussi compris (https://francais.rt.com/international/44956-president-allemand-rencontre-poutine-nous-devons-peuples-etablir-lien-nous). L'Arabie Saoudite et le Turquie se rapprochent de plus en plus de la Russie. Plusieurs pays de l'Amérique Latine ont compris qu'ils n'ont plus rien à voir avec un ordre mondial unipolaire. Nous penser dominés et vaincus, c'est aller à l'encontre de toutes ces évolutions positives et accepter de nous sous-hominisés.

 

Mbelu Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961