Politique
dimanche mai 20, 2018
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Quand le Cardinal Monsengwo décrie le décervelage auquel nos populations sont soumises en écoutant les discours des ''médiocres'', il en dévoile la procédure : ''Des mystifications sont présentées comme informations véridiques et fiables''. Au Congo-Kinshasa, à la place des informations véridiques et fiables, c'est-à-dire fondées sur des faits vérifiables, ''les médiocres'' abusent de nos populations en déformant ou en embellissant la réalité. Elles sont trompées et bernées en permanence. Les ''médiocres'' veulent à tout prix contribuer à la fabrication d'autres ''médiocres'' dans un contexte où l'éducation publique est insignifiante. Pour ce faire, ils recourent systématiquement au mensonge. Ils fonctionnent, à tous les niveaux institutionnels et structurels, sur fond de mensonge. Leur système est mensonger. Qu'ils dégagent afin que règnent la paix et la justice. Voici la riche phrase dont nous venons de faire l'herméneutique : ''Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables. Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.'' Déconstruire le discours lobotomisant en le décriant à temps et à contretemps est dangereux pour ''les médiocres'' et ''leurs disciples''. D'où la stigmatisation du Cardinal.

Sa voix porte. Elle atteint les coins et les recoins du Congo-Kinshasa et du monde.

Revenant sur l'usage de la force brute le 31 décembre 2017, le Cardinal change de vocabulaire. Il ne parle pas des forces de sécurité et de l'ordre. Non. Il parle de ''nos prétendus vaillants hommes en uniforme''. Un nouveau dictionnaire est nécessaire à l'insurrection des consciences au Congo-Kinshasa. Lisons-le : ''Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie. Nous en voulons pour preuves : le fait d’empêcher les fidèles chrétiens d’entrer dans les églises pour participer à la messe suivant l’ordre reçu d’une certaine hiérarchie militaire, le jet de gaz lacrymogène pendant la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d’argent, d’appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l’église et dans les rues, l’entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets et crucifix, les arrestations des prêtres et fidèles, etc.''

 

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961