Politique
dimanche juillet 15, 2018
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La descente de l'enseignement congolais aux enfers n'a pas habitué plusieurs d'entre nous à la critique systémique. Le culte du chef est venu enfoncer le clou. Il ne semble pas sûr que plusieurs d'entre nous accepteront de remettre en question le système de notre assujettissement, de notre abâtardissement et de notre néocolonisation collective avant longtemps. Le fanatisme et ''les chamailleries'' politicardes prennent de plus en plus de la place dans les cœurs et les esprits.

Quand le Cardinal Monsengwo critique ''la barbarie'' dont les milices de ''la kabile'' ont fait montre le 31 décembre 2018, il dit : ''Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables. Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.''

Ce disant, il s'en prend à la matrice organisationnelle du système de ''la kabilie'' et à l'usage qu'il fait des médias dont il se sert. Un système fonctionnant sur fond du mensonge ne peut se maintenir qu'en liquidant l'espace public du débat contradictoire permettant à la lumière de jaillir du choc des idées. La fermeture de plusieurs médias rebelles à la ligne éditoriale édictée par ''la kabilie'', l'arrestation de plusieurs politiciens et citoyens congolais contradicteurs, le mépris du livre et des bibliothèques dans plusieurs écoles et universités du pays, tout cela se comprend dans un pays pris en otage pour ''un conglomérat d'aventuriers'' soucieux de présenter '' ses mystifications comme informations véridiques et fiables'' en vue de gagner les masses populaires à sa cause en les abrutissant.

Un système ayant le mensonge comme matrice organisationnelle peut avoir, en son sein, des hommes et des femmes de bonne foi, capables de remettre en question ses dysfonctionnements. Quand deviennent-ils médiocres? Ils (elles) le deviennent en mettant leur intelligence et leur esprit critique au service d'un système ne pouvant pas changer sa matrice organisationnelle. Souvent, ''ces médiocres'' font partie des compatriotes qui, n'ayant pas la maîtrise de ladite matrice organisationnelle, estiment qu'ils peuvent, en rejoignant ''la kabilie'', changer les choses de l'intérieur. Ils sont vite récupérer par ''la loi de la pesanteur''. Le mensonge systémique est tellement fort qu'il finit par les avaler.

Et si je considère ''la kabilie'' comme un ''sous-système'' d'un système beaucoup plus large de l'ultralibéralisme ayant fait de la guerre une opération économique rentable niant ses externalités anthropologiques, je peux oser soutenir qu'il y a, au Congo-Kinshasa, plus de ''médiocres'' que ne le suggèrent les allusions du discours du Cardinal Monsengwo.

L'illusion d'optique serait de considérer ''la kabilie'' comme ''un système indépendant'' de ''petites mains'' du capital financier qui l'ont fabriqué. Ici, les choses se corsent. Des analyses fantaisistes risquent de revendre au Congo-Kinshasa des ''nègres de service'' du capitalisme financier en les présentant comme des ''pompiers'' au cœur d'un système qu'ils servent depuis bientôt plus de deux décennies. A ce point nommé, la lutte est âpre. Et je ne suis pas très sûr que ''les partisans de l'alternative'' soient gagnants demain. Non. Je ne suis pas très sûr. Les échanges fanatiques encensant ''les chefs'' ont pris la place des débats rationnels et raisonnables au sujet des changements systémiques conséquents. Les compatriotes qui s'y risquent sont insultés et traînés dans la boue. Ils ne sont pas écoutés. Il se pourrait qu'ils soient en avance par rapport à leur temps...

Et voilà que ''les nègres de service'' congolais du système ultralibéral sont en train de raconter aux compatriotes que ''la communauté internationale'' s'est mise du côté des populations congolaises; qu'elle ne veut plus du ''Cheval de Troie'' du Rwanda; sans qu'aucun mandat d'arrêt n'ait envoyé à l'un des membres du ''régime de la kabilie'' pour ses crimes à répétition. Je suis sûr que plusieurs compatriotes vont croire en ces bobards. Terrible!

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961