Politique
mercredi octobre 24, 2018
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Du point de vue de son histoire, le Congo-Kinshasa demeure un pays passionnant. Il suscite de temps en temps des questions graves. Et il arrive que certaines prises de positions de ses filles et fils donne à penser. Tenez. ''Officiellement'', depuis la fin de l'année 2016, ce pays n'a plus d'institutions pouvant l'engager ni du point de vue national, ni du point de vue international.

Je dis :  «  ''Officiellement'' pour celles et ceux d'entre nous ayant refusé de comprendre que depuis l'assassinat de Lumumba en 1961, son Congo est une néocolonie occidentale. »

Ces compatriotes, ''nègres de service'' et agents du statu quo, ont voulu nous convaincre qu'après la dictature de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila allait instaurer, au cœur de l'Afrique, un Congo démocratique et alias Joseph Kabila allait instaurer ''la révolution de la modernité''.

Jouets des forces exogènes (comme Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et alias Joseph Kabila), ils recourent à l'hégémonie culturelle occidentale comme arme fatale. Ils parlent des pays de vieille démocratie dont le Congo-Kinshasa doit copier le modèle. Esprits colonisés par cette hégémonie culturelle made in USA (https://www.legrandsoir.info/coloniser-le-cerveau-occidental-counterpunch.html), lobotomisés jusqu'à la moelle épinière, ils ont du mal à penser une alternative face au modèle mensonger de la démocratie du marché fabriqué à Washington. Faibles intellectuellement, ils font les copies des modèles ayant marqué leurs limites historiques.

Agents du statu quo et affairistes de la politique entendue comme ''ruse'' ou ''roublardise'', c'est-à-dire que fanatique du ''Tshididi'', ils ne se gênent pas de croire qu'ils peuvent, à tout moment, acheter les Congolais(es) avec de l'argent en leur promettant monts et merveilles !

Idolâtres de ''Mammon'', ils en font l'unique valeur politique. Tout en achetant les Congolais(es) ''lokosistes'', ils estiment, à la suite de leurs maîtres, qu'il suffit d'offrir des buffets à volonté aux politicards congolais ayant pour ''dieu'' leurs ventres pour réussir à monter des cartels électoralistes à même de mobiliser les masses en leur distribuant des T-shirt et du poisson chinchards avant de jouer, dans les coulisses, aux garçons de course de ''nouveaux cercles de pouvoir''.

Ces idolâtres de ''Mammon'', avant d'en arriver là, mobilisent mes médias mainstream et les ONGs de droit de l'homme comme le sous-système qu'ils sont prêts à servir pour duper les masses populaires appauvries anthropologiquement. Depuis bientôt deux décennies, cette procédure d'abrutissement et d'assujettissement réussit.

Ce matin, je lisais la furie de Madame Bénédicte Kumbi au sujet de cette procédure. Sachant à qui j'ai affaire, je me disais que cette jeune devait avoir mal. Elle se rendait compte que la procédure de ''farinisation'' des Congolais(es) ne connaît plus de limites. Ce qui est bien est qu'en sa qualité de digne fille du Congo de Lumumba, elle ne voudrait pas que, demain, elle soit comptable de la bêtise entretenue par ''la négritude de service''. Patrick Mbeko s'inscrit dans la même approche de l'opportunisme congolais. Un texte d'une amie du Congo, Salua Nour, disqualifie tous ces agents du statu quo et en appelle à ''la résistance participative''. Je sais qu'aborder Mufoncol Tshiyoyo pour un débat sur ces ''cartels électoralistes'' le mettrait dans tous ses états.

Le fait est là que plusieurs compatriotes et ami(e)s du Congo-Kinshasa en appellent plus à une alternative crédible qu'à une alternance promotrice du statu quo.

Il ne me semble pas exagérer que ces agents du statu quo sont ''les ennemis internes'' du Congo-Kinshasa dont Lumumba parlait. Ils ont une caractéristique commune : ils détruisent la mémoire collective congolaise en évitant de confesser leur état des sous-fifres. Ils ont peur de relire Lumumba.

Ils créent des cartels inspirés par une loi scélérate dictée par des ''déshonorables'' illégitimes et illégaux. Ils cherchent à atteindre le 1% des voix nationales exigé par ''cette caisse de résonance'' de la kabilie pour avoir part, non pas au pouvoir réel, mais plutôt à ''l'os '' apprêté par ''la communauté occidentale''. Ces cartels opportunistes se parent de très beaux programmes de gouvernement et des projets de société destinés à rouler nos masses populaires dans la farine sans indiqués des mécanismes populaires de reddition des comptes. Agents du statu quo, ils rigolent sous cape. Ils savent que leur argent ou leur baratin suffira à gagner les appauvris congolais à leur cause.

Les Bénédictes Kumbi, les Paulina Musube et les Salua Nour, etc. ne semblent pas avoir dit leur dernier mot. Chez nous, un adage dit, le meilleur défi, c'est celui lancé aux mamans ; le défi lancé aux papas est un faux-semblant. Dit en Tshiluba, ça donne ceci : ''Kayanda kimpe wa kela ba baba ; kayanda kela balume ntshiyandayanda''. Les Bénédicte Kumbi ne semblent pas être disposés à laisser passer la bêtise. J'ai hâte de les entendre de vive voix.

A première vue, elles disent soutenir beaucoup plus les Congolais(es) travaillant plus pour l'alternative que pour une alternance au cœur d'un sous-système du statu quo. (à suivre)

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961