Politique
lundi novembre 19, 2018
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''La vérité doit être martelée avec constance, parce que le faux continue d’être prêché, non seulement par quelques-uns, mais par une foule de gens'' Goethe

Leurs discours souverainistes et leurs querelles avec ''leurs parrains'' sont souvent destinés à amuser la galerie congolaise. Tous ou presque ont choisi d'avoir des cabinets des lobbyistes aux USA. Est-ce par mesure de prudence, par ruse ou par conviction que les politicards congolais choisissent de mener un lobbying dans un pays où l'argent a phagocyté le processus politique ? (https://www.youtube.com/watch?v=w7iZH3Rl9eI) Auraient-ils voulu s'imiter mutuellement avant de prétendre qu'ils ont des projets de société et des programmes de gouvernement à présenter aux masses populaires congolaises pour démocratiser le Congo-Kinshasa ? Et tous ou presque parlent des chiffres comme si ''savoir compter'' était l'unique richesse importante pour l'avenir du pays de Lumumba ! Ces politicards, en créant des cabinets de lobbying aux USA pour ''se vendre'' à ''ploutonomie'' made in USA, ils optent tous pour la soumission à ''la sécurité nationale américaine''.

Ils sont en train de décider de faire du Congo-Kinshasa ''un Etat US''. Adeptes de la servitude volontaire, ils le font en costume et cravate ; et sont applaudis par le précariat congolais. Eza pasi ! Eza Mawa ! Tous ne jurent que par ''l'amélioration du climat des affaires'' ; tous veulent être les propagandistes du Consensus de Washington au moment où Trump dit : ''America first'' tout en promouvant le patriotisme économique et le protectionnisme du marché intérieur américain. Eza pasi ! Eza Mawa ! Sont-ils si cupides au point de ne plus avoir une conscience éveillée ?

Ces politicards congolais veulent poursuivre la guerre raciste de prédation et de basse intensité livrée contre le pays de Lumumba depuis les années 1990 en donnant malheureusement l'air d'être sérieux ! Et ils aiment entendre les masses de leurs applaudisseurs fanatiques leur répéter que les études ne servent à rien au Congo-Kinshasa pendant qu'ils se font des chantres attardés du fondamentalisme du marché ayant marqué ses limites là où le rêve américain est mort et où son deuil se poursuit ! ''Ba mudila, umulomba kapia !!!'' Eza pasi ! Eza mawa ! (Lire N. CHOMSKY, Requiem pour le rêve américain, Paris, Climats, 2017)

Alors, si les choix doivent être opérés au pays de l'Oncle Sam, à quoi serviront ''les élections libres, claires, limpides, transparentes et plus que démocratiques'' au Congo-Kinshasa ? Pourquoi ces politicards ne disent-ils pas la vérité à leurs électeurs ? A quoi sert cette duplicité structurelle ?

Les miens et moi-même continuons à soutenir que ''la guerre sans fin'' menée contre le Congo-Kinshasa est d'abord et avant tout une guerre contre l'intelligence. Si une masse critique congolaise n'arrive pas à opposer à l'intelligence et à la ruse lobbyistes des autres sa propre intelligence fondée sur la compréhension des faits et la marche du monde, elle aura échoué sa mission.

Les masses populaires congolaises manipulables peuvent être excusables. Elles n'ont pas toujours l'information qu'il faut au moment opportun. Ceux et celles d'entre nous qui savent que les activités des lobbyistes, au Nord, peuvent être mises sur la place publique devraient initier des réseaux véhiculant une bonne information au niveau des collectifs citoyens au pays. Cela est important. Cela afin que si demain, des compatriotes ont à choisir ''leurs gouvernants'' après ''les congressistes américains'', qu'ils ne disent pas qu'ils n'ont pas été avertis.

''Chat échaudé craint l'eau froide'', dit-on. Hier, ''les faux libérateurs'' de l'AFDL ont menti aux masses populaires congolaises. Demain, des politicards-candidats-prédisidents et adeptes du statu quo risquent de répéter la même bêtise. Et ces masses n'auront plus que leurs yeux pour pleurer. Elles maudiront les ancêtres et le Ciel...

''Comme l’écrivait Goethe, ''la vérité doit être martelée avec constance, parce que le faux continue d’être prêché, non seulement par quelques-uns, mais par une foule de gens. Dans la presse et dans les dictionnaires, dans les écoles et dans les Universités, partout le faux est au pouvoir, parfaitement à l’aise et heureux de savoir qu’il a la majorité pour lui.'' Tel est le devoir du ''petit reste''.

 

Babanya Kabadi

Génération Lumumba 1961