Politique
mardi décembre 11, 2018
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Comment faisons-nous pour oublier, en une soirée, en une journée, toute l'histoire récente de notre pays ? Comment faisons-nous pour verser dans l'injure facile et dans ''la guerre tribaliste'' l'espace du retrait de deux signatures d'un accord accompagné des ''lettres d'engagement'' en refusant de questionner et ''les acteurs pléniers'' et ''les acteurs apparents'' ? Comment faisons-nous pour que l'espace d'une soirée, nous perdions de vue le mode opératoire de ''l'autre'' et de ses sous-fifres ?

Comment faisons-nous pour oublier tous les livres et les rapports écrits sur la perpétuation de ''la guerre raciste et de basse intensité'' menée contre le Congo-Kinshasa pour nous insulter et réveiller les démons du ''diviser pour régner'' ?

Nous étions en colère ! Peut-être... Mais là, la colère peut être considérée comme étant une mauvaise conseillère. Rien ne nous interdisait de poser des questions du genre : ''Qui a convoqué la rencontre de Genève ? Pour quelle fin ? Qu'est-ce que Koffi Annan a fait contre le Congo-Kinshasa quand il était secrétaire général à Pretoria en juin 1999 à côté de Madeleine Albright et de Bill Clinton (P. PEAN, 2010, p.339) ? Pourquoi sa ''Fondation'' se comporterait-elle différemment ? Quels sont les alliés de cette ''Fondation'' ?, etc.''

Nous étions en colère ! Nous étions très fâchés ! Peut-être... Mais que des compatriotes ayant donné des preuves de maîtrise de l'histoire récente du Congo-Kinshasa nous aient emboîté le pas, c'est signe qu'il y a des démons dont, collectivement, nous devons nous débarrasser. Nous avons besoin urgemment d'une thérapie collective.

Il me semble que nous avons perdu toute confiance en nous-mêmes et en ce que nous savons trop bien sur notre pays. Cette confiance devrait être restaurée. Cela va encore prendre un peu de temps. Les signaux sont là. Dieu merci ! ''La frérocité'' – cette violence inter-fraternelle- mal gérée devrait être éduquée afin que collectivement, nous apprenions à débattre sans penser à nous massacrer.

L'un des enjeux de la guerre perpétuelle menée contre notre pays, c'est sa balkanisation et son implosion. Ne l'oublions pas. Nous risquons de faire tout le boulot à la place des balkanisateurs et de leurs sous-fifres.

Un autre enjeu : un test contre notre exercice de l'intelligence collective. Oui, la guerre perpétuelle contre le Congo-Kinshasa est aussi une guerre contre l'usage de notre intelligence collective.

Personnellement, je reste convaincu que la fracture congolaise actuelle n'est pas principalement tribaliste. ''Le FCC'' et ''l'opposition congolaise'' ont comme membres les fils et les filles du pays de Lumumba venant de toutes les tribus et toutes les ethnies du Congo-Kinshasa. Ensemble, ils entretiennent le statu quo.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961