Politique
samedi septembre 22, 2018
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L'histoire du Congo-Kinshasa, comme celle de plusieurs peuples du monde, est traversée par des moments de marche. Des moments au cours desquels les masses populaires se mettent ensemble debout soit pour refuser de mourir, soit pour dire le ras-le-bol face aux situations injustes, soit pour soutenir une candidature politique, soit pour organiser des manifestations religieuses, etc. Se mettre debout peut symboliquement signifier le refus de rester assis ou coucher et le désir de marcher, d'aller de l'avant, d'imaginer ou d'inventer ensemble un à-venir. C'est ''ressusciter'' pour ''une autre vie''.

La descente de l'enseignement congolais aux enfers n'a pas habitué plusieurs d'entre nous à la critique systémique. Le culte du chef est venu enfoncer le clou. Il ne semble pas sûr que plusieurs d'entre nous accepteront de remettre en question le système de notre assujettissement, de notre abâtardissement et de notre néocolonisation collective avant longtemps. Le fanatisme et ''les chamailleries'' politicardes prennent de plus en plus de la place dans les cœurs et les esprits.

Bien que ne disant pas expressément comment procéder pour ''que les médiocres dégagent'', le Cardinal Monsengwo évoque la fonction prophétique de l'Eglise, le rôle de ''veilleur'' qu'il assume en décidant de parler à temps et à contretemps. En effet, exégète de formation et de métier, le Cardinal Monsengwo est supposé savoir que le mot ''nabi'' traduit par ''prophète'' est synonyme d'intellectuel. ''Ceux qu'on appelait des prophètes se livraient à des analyses politiques et prononçaient des jugements moraux. A l'époque de la Bible, ils étaient haïs et méprisés. On les jetait en prison ou on les envoyait dans le désert parce qu'ils étaient dissidents.'' (N. CHOMSKY, Deux heures de lucidité. Entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Paris, Les Arènes, 2001)

 

Il arrive qu'un prêtre soit entrevu comme ''un diseur de messes'' sans qu'aucune allusion soit faite à son parcours scolaire et académique. Pour rappel, plusieurs prêtres étudient, après leur école secondaire, pendant plus ou moins sept (7) ans. Trois ans d'études philosophiques et quatre ans d'études théologiques. Dans plusieurs diocèses du Congo-Kinshasa, il arrive que la quatrième année de théologique soit suivie ou remplacée par une année de stage dans une paroisse. Plusieurs prêtres poursuivent des parcours divers et diversifiés avant ou après leurs études séminaristales de philosophie ou de théologie. Et cela dans plusieurs disciplines. Il est donc établi que plusieurs prêtres ont étudié Socrate, Platon, Aristote, Descartes, Kant, Machiavel, Hegel, Habermas, Hobbes, Rawls, Alain Deneault, Eboussi Boulaga, Ngoma Binda, Théophile Obenga, Blaise Okavu, Jean-Pierre Badidike, Philémon Mukendi, etc., un peu tôt.