Politique
samedi juillet 21, 2018
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N'attendons pas que Ntambwe, Nsafu et Mukebayi meurent pour que nous puissions admirer le travail d'éveil des consciences qu'ils abattent sur place au Congo-Kinshasa. Même si, écrire sur le trio Eleizer-Daniel-Mike ne signifie pas que nous partageons toujours leurs analyses et certaines de leurs orientations politiques. Nous voulons seulement souligner leur capacité de s'inscrire dans la longue lignée de ''leurs ancêtres'' ayant compris que le Congo-Kinshasa est en lui-même une cause pour laquelle ses dignes filles et fils peuvent verser leur sang dans un monde où les vampires ayant peur de ''la lumière'' ne jurent que par son extinction. Ce trio renforce nos convictions selon lesquelles les minorités congolaises organisées et structurantes finiront par avoir raison, sur le temps long, de ''conglomérats d'aventuriers'' au service de la néocolonie au cœur de l'Afrique.

 

Il n'est pas rare que le monde entier se moque des Congolais(es). Il est rare que ceux qui se moquent des Congolais(es) fassent, au même moment, une relecture de l'histoire du Congo-Kinshasa. Rares sont les citoyens du monde pouvant se rappeler que ce pays a connu, sous Léopold II, des mains coupées. C'est-à-dire un esclavage exterminant des Congolais(es)  incapables de fournir la quantité de caoutchouc indispensable à l'industrie automobile occidentale selon les administrateurs du Roi des  Belges. Le Congo et les Congolais(es) ont réussi à survivre à cette traite négrière. Et ce pays a fourni  aux USA l'uranium dont ils ont fait usage pour gagner, en partie, la deuxième guerre mondiale. Comment a-t-il été payé ? En monnaie de singe. Les Anglo-saxons, bénéficiaires de la victoire sur les Nazis, ont participé à l'assassinat du premier ministre Congolais issu des élections au suffrage universel, Patrice Emery Lumumba, en janvier 1961. Ainsi ont-ils créé, ce que Frantz Fanon dénomme, ''la désorientation existentielle''. Avec la complicité de certains congolais.

 

Plusieurs compatriotes avaient déconseillé ''le dialogue'' avec ''le Cheval de Troie'' du Rwanda. A la sortie du ''Rassemblement de Genval'', plusieurs compatriotes l'ont remis en question. Je fais partie de ceux qui ont été copieusement insultés pour avoir participé à cet exercice de la pensée. Le développement de ''la politique-Tshididi'' au pays  semble donner raison aux compatriotes ayant tiré une sonnette d'alarme à la  naissance de ce ''Rassemblement''. Soit ! Il est là. Divisé en deux ailes. Une aile reconnue par la CENCO et une autre dont un membre vient d'être nommé ''Premier Ministre'' pour l'amusement de la galerie. Plusieurs compatriotes sont d'avis que la multiplication des nominations des Premiers Ministres débauchés de leurs partis politiques sous la dictature de Mobutu n'a rien apporté de salutaire au pays de Lumumba. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, alias Joseph Kabila ne va pas inventer la roue.

                                                   

''Mukupa kawutu wamana mbua'', nous rappelle Dikita

(La rage n'extermine pas les chiens)

Aller s'agenouiller ou s'incliner devant un mercenaire occupé à exterminer les Congolais(es) est un signe à la fois d'esclavage volontaire, de lâcheté et de trahison de la cause congolaise. Ce geste de soumission peut avoir des incidences négatives sur certains résistants luttant contre l'imposture. Il peut les dérouter. Dieu merci ! Il est souvent posé par ceux et celles qui, depuis 1996, ''ont choisi alias Joseph Kabila'' Ils restent égaux à eux-mêmes. Ils sont constants. Même s'il leur arrive, après ces agenouillements serviles, de dire : « Le peuple d'abord ».