Politique
dimanche avril 30, 2017
Register

Le macrocosme politique de la RDC a bougé depuis le retour au pays d’Etienne Tshisekedi, le mercredi 27 juillet 2016. Ce retour, en chair et en os, du sphinx de Limete a redonné de la voix à la population qui ne savait plus exactement sur quel pied danser. Tant, sur le plan politique, plusieurs projets contradictoires entre eux affichaient des ambitions des uns et des autres, d’un côté et de l’autre, on pouvait noter l’émergence d’autres leaders, l’émergence d’autres cartels. Pour tout compliquer, le chemin vers la démocratisation est parsemé, comme jamais, d’embûches. En fait, tout peut arriver et à tout moment, car l’horizon est véritablement truffé de beaucoup d’inconnus.

Le 29, le 30 et le 31 juillet 2016, la capitale congolaise, Kinshasa, a connu une vie politiquement et socialement mouvementée. Trois manifestations (mobilisations) ont été organisées. La Majorité (dite) Présidentielle a mobilisée ses militants au stade du 20 mai le 29 ; ''le forum citoyen congolais'' a réuni ses forces vives au Centre Nganda le 30 et ''l'opposition politique'' a accueilli ses millions des partisans sur le boulevard triomphale le 31.

Il est quand même curieux que les coalitions et rassemblents congolais ayant vu le jour ces derniers temps ne puissent pas donner l'impression de recentrer le débat sur ces enjeux essentiels : la prédation, le pillage des terres, des mers et des forêts, l'enrichissement sans cause, l'accaparement patrimonialiste des biens communs, etc. Ils ne sembent pas avoir compris que ''le génocide congolais'' n'est pas un acte patriotique. Ce sont des sacrifices orchestrés par ''les chasseurs des matières premières''. Ils sont là avec leurs clients pour le coltan, le diamant, l'or et le cobalt. C'est une vérité aussi vielle que le temps ; “On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels.''

 

« Ils nous dominent plus par l'ignorance que par la force. » S. BOLIVAR

Il est de temps en temps surprenant que les membres des partis politiques des candidats à la présidentielle au Congo-Kinshasa ainsi que leurs fanatiques refusent que leurs points de vue soient remis en question ou leurs projets de société débattus de manière contradictoire. Il est curieux que les mêmes soutiennent que le Congo-Kinshasa est en train de devenir ''une jeune démocratie'' tout en caressant ''le dogmatisme''. Les sorties en vidéos avec costumes et cravates sont beaucoup préférées que les remises en question des orientations et réflexions des candidats ''futurs présidents de la République''. Il y a comme ''une prise en otage de la pensée'' au nom du fanatisme ou de l'appartenance à un parti politique.