Politique
dimanche avril 30, 2017
Register

« L'outil le plus puissant que détienne l'oppresseur est la pensée de l'opprimé » S. BIKO

Les questions de l'ignorance, de l'inculture et de la falsification des documents demanderaient que leur soient accordées une place de choix dans les débats citoyens, dans ''les masambakanyi''. Il est honteux que malgré le nombre impressionnant de diplômés dont dispose le Congo-Kinshasa que ce pays poursuive sa descente aux enfers. 

La question de la souveraineté du Congo-Kinshasa et celle de la relecture de notre histoire collective de manière plus ou moins objective devraient occuper une place importante dans le débat public, dans ''les massambakanyi'' congolais. Malheureusement, l'espace public est verrouillé. Quelques congolais audacieux essaient, tant bien que mal, d'organiser des matinées politiques au cours desquelles ces questions sont de plus en plus abordées. Dieu merci ! Les réseaux sociaux essaient de compenser le verrouillage de l'espace public interne congolais. NTIC merci.

Souvent, à certains tournants difficiles de notre histoire collective, il nous devient difficile de réfléchir en relisant cette histoire. Celle-ci a alors tendance à se répéter. Une amnésie collective s'empare de plusieurs d'entre nous et l'appel à l'unanimisme évite toute remise en question des messages lancés par les uns et les autres. Dans ce contexte, les antagonismes liés à la différence de lecture du contexte politique sont vite interprétés comme étant des signes de naïveté, de faiblesse intellectuelle ou d' imbécillité. Relire notre histoire à partir de la façon dont l' AFDL a servi de ''Cheval de Troie'' des forces extérieures, des anglo-saxons et de leurs proxys ougando-burundo-rwandais soulève, dans certains milieux, un tollé inimaginable. Une certaine croyance non-questionnée selon laquelle le Congo-Kinshasa est ''une jeune démocratie'' voudrait s'imposer sur toutes les preuves de l'infiltration du loup dans la bergerie, sur les preuves de l'occupation ougando-rwandaise du pays et de sa mise sous-tutelle par l'ONU. Poser la question de savoir comment en sommes-nous arriver là constitue, dans certains milieux congolais, un ''casus belli''. Soit !

Après l'assassinat de Lumumba le 17 janvier 1961 et le coup d'Etat mené par Mobutu avec le soutien de ses parrains occidentaux en 1965, le Congo-Kinshasa a perdu sa souveraineté. Les programmes d' ajustement structurels austéritaires qui lui ont été imposés vers les années 1990 ont sérieusement participé à sa descente aux enfers. Les efforts conjugués par la Conférence Nationale Souveraine pour que ce pays retrouve le chemin de la souveraineté ont été annihilés par ses ennemis intérieurs, alliés des anglo-saxons, les vieux dinosaures. La guerre de ''l'impérialisme intelligent'' menés par des proxys rwandais et ougandais interposés avec le concours de l'AFDL a fini par faire du Congo-Kinshasa un Etat failli et/ou manqué. JOKA a participé à cette guerre sous la couverture de l'APR/FR.