Politique
jeudi avril 26, 2018
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Bien que ne disant pas expressément comment procéder pour ''que les médiocres dégagent'', le Cardinal Monsengwo évoque la fonction prophétique de l'Eglise, le rôle de ''veilleur'' qu'il assume en décidant de parler à temps et à contretemps. En effet, exégète de formation et de métier, le Cardinal Monsengwo est supposé savoir que le mot ''nabi'' traduit par ''prophète'' est synonyme d'intellectuel. ''Ceux qu'on appelait des prophètes se livraient à des analyses politiques et prononçaient des jugements moraux. A l'époque de la Bible, ils étaient haïs et méprisés. On les jetait en prison ou on les envoyait dans le désert parce qu'ils étaient dissidents.'' (N. CHOMSKY, Deux heures de lucidité. Entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Paris, Les Arènes, 2001)

 

Il arrive qu'un prêtre soit entrevu comme ''un diseur de messes'' sans qu'aucune allusion soit faite à son parcours scolaire et académique. Pour rappel, plusieurs prêtres étudient, après leur école secondaire, pendant plus ou moins sept (7) ans. Trois ans d'études philosophiques et quatre ans d'études théologiques. Dans plusieurs diocèses du Congo-Kinshasa, il arrive que la quatrième année de théologique soit suivie ou remplacée par une année de stage dans une paroisse. Plusieurs prêtres poursuivent des parcours divers et diversifiés avant ou après leurs études séminaristales de philosophie ou de théologie. Et cela dans plusieurs disciplines. Il est donc établi que plusieurs prêtres ont étudié Socrate, Platon, Aristote, Descartes, Kant, Machiavel, Hegel, Habermas, Hobbes, Rawls, Alain Deneault, Eboussi Boulaga, Ngoma Binda, Théophile Obenga, Blaise Okavu, Jean-Pierre Badidike, Philémon Mukendi, etc., un peu tôt.

Quand le Cardinal Monsengwo décrie le décervelage auquel nos populations sont soumises en écoutant les discours des ''médiocres'', il en dévoile la procédure : ''Des mystifications sont présentées comme informations véridiques et fiables''. Au Congo-Kinshasa, à la place des informations véridiques et fiables, c'est-à-dire fondées sur des faits vérifiables, ''les médiocres'' abusent de nos populations en déformant ou en embellissant la réalité. Elles sont trompées et bernées en permanence. Les ''médiocres'' veulent à tout prix contribuer à la fabrication d'autres ''médiocres'' dans un contexte où l'éducation publique est insignifiante. Pour ce faire, ils recourent systématiquement au mensonge. Ils fonctionnent, à tous les niveaux institutionnels et structurels, sur fond de mensonge. Leur système est mensonger. Qu'ils dégagent afin que règnent la paix et la justice. Voici la riche phrase dont nous venons de faire l'herméneutique : ''Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables. Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.'' Déconstruire le discours lobotomisant en le décriant à temps et à contretemps est dangereux pour ''les médiocres'' et ''leurs disciples''. D'où la stigmatisation du Cardinal.

Il y a de ces documentaires qu'il est souhaitable de voir à temps et à contretemps en vue de comprendre, un tant soit peu, ce qui se passe au Congo-Kinshasa depuis 1885. Voir ''Le conflit au Congo. La vérité dévoilée'' (https://www.youtube.com/watch?v=bLJPFA5W4vg) et passer à ''Congo:la guerre des minerais'' (https://www.youtube.com/watch?v=bzavJSgYXWM) permet d'identifier ''les acteurs pléniers'' et ''les acteurs apparents'' (''les crapules''?) de la descente du pays de Lumumba aux enfers. Identifier ''les acteurs'' et ''leur mode opératoire'', connaître l'usage qu'ils font de ''leurs crapules'', cela est un pas important dans la recherche des voies d'émancipation politique du Congo-Kinshasa de forces de la mort.