Politique
samedi janvier 20, 2018
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Accueillir Kyungu Mutanga au grand jour, à renfort de tambours et de danses, est un signe. Celui-ci demande d'être décrypté, d'être déchiffré. De quoi cet accueil peut-il être le nom ? Pourquoi ce criminel de guerre et contre l'humanité revient-il à la vie normale pendant que certains fils et certaines filles du pays sont jetés au quotidien en prison et/ou enfermés dans cette prison à ciel ouvert qu'est le Congo-Kinshasa ? Oui. Cet accueil peut être lu de plusieurs façons. Notre lecture à nous s'inscrit dans une histoire où, depuis plus de vingt ans, les seigneurs de guerres ayant infiltré les institutions du pays, constituent un réseau d'élite de prédation puissant pour les affaiblir et dominer les populations congolaises en toute impunité.

 

La relecture de notre histoire ne devrait pas nous conduire à mettre entre parenthèse l'existence de toutes les forces d'indocilité congolaises et africaines liguées contre l'ordre colonial et néocolonial retranchées dans le maquis de notre histoire collective ; et souvent prêtes à en découdre avec ses auteurs intellectuels et leurs nègres de service. Grâce à ces forces, des tentatives de mettre fin à cette crise de légitimité plurielle sont menées.Malheureusement, elles font face à des forces réactionnaires au service des acteurs pléniers de la tragédie congolaise. Des embourgeoisés se lèvent au cœur de l'Afrique pour torpiller notre mémoire collective. Ils vous disent que la crise de légitimité au Congo-Kinshasa est liée à la violation de ''la charte d'occupation anglo-saxonne'' (abusivement dénommée constitution) de ce pays par des proxys interposés. Ce faisant, ils font le jeu de ''leurs maîtres'' cherchant à trouver une issue heureuse à un mercenaire ayant vendu le pays de Lumumba aux enchères.

''Batapa webeja, tshipatwila mwele mu nsapu, wamanya'' (Babanya K.)

Quand ceux et celles qui donnent la mort sont encensés et/ou imités, il serait important de question la société sur son état mental et psychologique. La défense acharnée des intérêts immédiats dans les pays convoités ou chez autrui, l'idolâtrie du pouvoir et de l'avoir peuvent relever des cas cliniques (ou cyniques) de délire mégalomaniaque, de perversité narcissique, de socio ou de psychopathie.

En marge d'une résistance organisée dans les cas de légitime défense, l'imitation des ensauvagés ou des thanatophobes serait une question sociétale à analyser en profondeur.

« L'outil le plus puissant que détienne l'oppresseur est la pensée de l'opprimé » S. BIKO

Ne nous leurrons pas. Dans un monde où ''l'argent a phagocyté le processus politique'', les Kabila et les Kagame trouveront toujours des alliés de leur processus d'extermination et de balkanisation du Congo-Kinshasa. La lutte pour les intérêts congolais devrait prendre en compte ce changement de paradigme au niveau des Etats nommés ''grandes puissances''. Ce que Guillaume Debré a remarqué après plusieurs années passées aux USA n'est pas une nouveauté. Cela date de l'après deuxième guerre mondiale.La lutte contre la démocratie populaire est une constante de la politique américaine. Croire que les USA vont soutenir une démarche de démocratie souveraine au Congo-Kinshasa est une illusion. Les conseilleurs de JOKA le savent. Ils savent que face à l'argent et aux intérêts bassement matérialistes, la vie humaine n'a pas de prix.