Politique
dimanche octobre 21, 2018
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Depuis la semaine dernière, deux documents liés à la Présidence de la République (dite) Démocratique du Congo circulent sur Internet. Le premier a pour objet la « stratégie de l’ennemi pour faucher le Président Joseph Kabila » et le deuxième l’« espionnage de la Maison civile et vol d’archive officielle et secrète ». Ces documents peuvent ne pas porter de « signature officielle » du Pasteur-conseiller du « roi », mais ils sont écrits dans un style propre à une catégorie de pasteurs  et surtout à celui de certains  pasteurs des églises de réveil.

Quelques membres de la société civile congolaise sont allés à la rencontre des responsables de « US Africa Command » à Stuttgart, en Allemagne, du 26 au 31 juillet 2010. Cette rencontre initiée par Africom aurait permis à ces compatriotes d’avoir « de bonnes informations à la source » sur les visées de ce Commandement de l’armée américaine pour l’Afrique. Ce faisant, Africom voudrait couper l’herbe sous les pieds des critiques acerbes de sa mission.

 

En observant attentivement ce qui se passe dans notre pays depuis la guerre de l’AFDL (dite guerre de libération), la perte de la capacité de se souvenir, l’amnésie, semble devenir de plus en plus un fléau. La lecture des signes de temps en référence à un passé immédiat fait cruellement défaut dans le chef de certaines élites politiques et intellectuelles. Le choix de nos sujets de débat, le passage d’un sujet non-approfondi à l’autre témoigne du manque de suivi dans nos idées et dans la quête de réponses aux questions qui nous divisent et/ou  nous rassemblent. Quand nous perdons de vue, un seul instant, que la guerre de l’AFDL a été une guerre d’agression que les élections de 2006 n’ont pas réussi à arrêter ; et que nous entreprenons de débattre des élections de 2011, sous la houlette des acteurs mineurs de cette guerre d’agression à laquelle nous résistons jusqu’à ce jour, nous nous apprêtons à répéter les bêtises d’un passé récent par faiblesse d’esprit, par déficit de courage ; de ce courage pouvant nous aider à tenir au cours de luttes prolongées et acharnées.

Hier, mercredi 28 juillet 2010, le journal Le Potentiel a publié un article rendant compte des crimes en série commis au Nord-Kivu. Ce journal trouvait inquiétant le silence des gouvernants provinciaux et nationaux. Il disait exactement ceci : « Mais, le plus révoltant dans la barbarie qui continue à endeuiller le Nord-Kivu est ce silence inquiétant non seulement du gouvernement central, basé à Kinshasa, mais aussi des autorités provinciales du Nord-Kivu. Plus près des lieux où se commettent ces crimes, notamment à Goma, aucune voix ne s'est jusque-là élevée pour condamner ou tenter de donner une quelconque explication à ces tueries. Comme si les priorités des autorités provinciales étaient ailleurs que la sécurité des biens et des personnes. » Il ajoutait ceci : « Et, plus loin, à Kinshasa, siège des institutions nationales, le calme s'est ancré au niveau de l'Exécutif. Si bien que même le très bouillant ministre de la Communication et des Médias, qui ne rate pas des occasions de s'exprimer, se montre aphone sur le sujet. Bien des raisons pour s'inquiéter. Il y a certainement un voile qui se cache derrière le drame qui sévit dans le Nord-Kivu. »  (Soit dit en passant, que peut Mende, ce transfuge du RCD ?)