Politique
dimanche avril 30, 2017
Register

Depuis que Joseph Kabila a entrepris son périple à travers certaines provinces de notre pays, les articles de certains journaux kinois ne cessent de revenir sur le bain des foules qui lui est réservé. Celui-ci témoignerait de sa popularité auprès de toutes les populations des provinces visitées. Soit ! Mais sur quoi pourrait être fondée cette popularité ? N’est-ce pas sur une conception « affective » de la citoyenneté ? N’y a-t-il pas une certaine popularité infantilisante ?

Le titre de ce petit article dévoile un secret de polichinelle. Il s’inspire de l’interview qu’Azarias Ruberwa vient de donner cet avant-midi à la RFI. Même si ses prises de position sur le retour des réfugiés Hutu au Rwanda et sur celui des réfugiés Tutsi en RD Congo sont sujet à débat, la perception qu’Azarias Ruberwa du niveau atteint par l’achat des consciences et la corruption dans notre pays relance la question des slogans tels que « tolérance zéro ». Comment un conglomérat de corrupteurs peut-il lutter contre la corruption ? « Tolérance zéro » est un slogan pour rire et effrayer « les petits koluna »…

Nos échanges avec certains compatriotes sur la situation politique et sécuritaire qui prévaut dans notre pays révèlent qu’ils sombrent dans un très grand découragement. Pour eux, le pourrissement de la situation est tellement avancé qu’ils ne voient plus aucun espoir d’un bonheur collectif à partager chez nous dans un avenir tout proche. Ils ont peut-être raison.

I. Les années « 80 »

Silence complice, inaction coupable ou fuite des responsabilités; c’est en ces termes que certains Congolais et observateurs extérieurs ont qualifié l’attitude des pionniers et autres anciens cadres de l’UDPS face à la crise grave que traverse ce parti depuis quelques temps.