Politique
vendredi décembre 15, 2017
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Plusieurs attitudes sont affichées à l’endroit de Vital Kamerhe depuis qu’il a décidé de rompre le silence et de parler du Congo à partir d’un pays qui sert de « paradis juridique »  aux multi et transnationales impliquées dans la tragédie congolaise. Certains de nos compatriotes estiment qu’il ne faut accorder aucune attention aux discours mensongers de celui qui, un jour, a écrit un livre pour justifier le dévolu qu’il avait jeté sur «l’autorité morale de l’AMP ».

D’autres estiment que Kamerhe est tellement intelligent qu’il faut rester à son écoute pour construire le Congo de demain. D’autres encore croient que Vital est mort comme politicien et qu’il devrait aller au garage, quitte à revenir sur la scène politique congolaise un peu plus tard. Il aura ainsi pris le temps de payer le gâchis dans lequel il a conduit le pays en présentant « Joseph Kabila » comme la meilleure carte que le Congo pouvait jouer en 2005-2006 pour sortir du bourbier où l’avait conduit « le conglomérat d’aventuriers » au service du Rwanda par Laurent-Désiré Kabila interposé. Nous, nous voulons lire et analyser les dires de Vital et poser les questions qu’ils soulèvent.

 

Le samedi 13 février 2010, la radio Okapi publiait sur son site une information selon laquelle un courant rénovateur né au sein de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle s’en prenait au Premier Ministre Adolphe Muzito en critiquant son bilan à la tête du gouvernement. L’un des membres de ce courant serait le député Albert Fabrice Puela. Réagissant à la prestation d’Adolphe Muzito devant l’assemblée nationale, ce député « a invité le Premier ministre (…) à répondre aux aspirations du peuple congolais, au cours d’un point de presse tenu, vendredi, au siège de l’assemblée nationale. Selon le député Puela, le bilan que le Premier ministre Muzito a fait de sa gouvernance n’a pas convaincu le petit peuple. Il a qualifié cette sortie médiatique de « ratée ». Le leader du courant rénovateur de l’AMP estime que la majorité doit continuer à lutter contre la médiocrité au gouvernement et à l’assemblée nationale. »

 

La lecture de l’article (publié par le journal Le Potentiel le mardi 09  février 2010) intitulé Les chercheurs canadiens crachent sur les 5 millions de morts en RDC trahit, tant soit peu, une indignation fondée sur une approche déphasée de la recherche. Ayant, pour la plupart perdu la confiance en nous-mêmes et en notre capacité de penser un autre Congo par nous-mêmes et entre nous, nous  croyons encore en des recherches objectives de nos « maîtres à penser occidentaux ». Telle est l’une de nos plus grandes misères. Certes, il ne faut pas du tout exagérer. Qu’il y ait encore parmi « nos maîtres  d’hier » des personnes d’une éthique scientifique recommandable, il n’y a pas à en douter. Mais, la naissance des Think Tanks a coïncidé avec  l’enchaînement (explicite) de la pensée. (Lire par exemple S. GEORGE, La pensée enchaînée. Comment les droits laïques et religieuse se sont emparées de l’Amérique, Paris, Fayard, 2007). Dorénavant, rares sont les recherches et les pensées neutres.

Après l’entrée des troupes rwandaises sur notre sol au mois de janvier 2009, Vital Kamerhe, alors Président de l’Assemblée nationale avait manifesté sa désapprobation sous forme d’étonnement.  Il avait dit que s’il s’avérait que l’entrée des troupes rwandaises sur notre sol sans que le Parlement en ait été informé était un fait réel, cela allait être grave. Vital était-il prophète ? Ce qu’il avait prédit s’était réalisé : Umoja Wetu n’a pas été un succès et nos populations ont payé un lourd tribut de cette opération entre les troupes de l’armée rwandaise, les démobilisés de cette armée opérant sur notre sol et ce qu’il nous reste des FARDC.

Kamerhe dégommé de la tête de l’Assemblée nationale a gardé un silence inquiétant sur la suite des événements après Umoja Wetu. Il se serait retiré en Afrique du Sud pendant tout  un temps (pour re-apprendre l’Anglais et la politique ?) et aurait même fait faux bond à « ses amis et ses vieux » de l’Assemblée nationale. Certains de ces derniers  ont été déçus du comportement de « leur ami ». Et tout à coup, Vital annonce sa tournée au Canada. Il affirme qu’il est prêt à répondre à toutes les questions qui lui seront posé. Mais pourquoi maintenant ?