Politique
vendredi février 23, 2018
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Plus de trois ans après « l’élection » de Joseph KABILA à la tête de la RDC et près d’un an avant les élections présidentielles, le bilan de l’action gouvernementale est illisible.

Que sont devenus les cinq chantiers promis par le candidat KABILA après son élection ? Lesquels ont été ouverts ? Comment les choix politiques ont-ils impacté la vie des congolais ? Où en est-on du système démocratique que les élections de 2006 étaient sensées instaurer ?

Depuis « la guerre de libération de l’AFDL », le sang des filles et des fils de notre peuple coule chez nous. Le viol et le vol sont devenus des véritables armes de guerre. Nos populations, dans leur immense majorité, aspirent à la paix. Celle-ci tarde à s’établir sur toute l’étendue de notre territoire. Pourquoi ? Pourquoi après les élections dites libres, transparentes et démocratiques de 2006, le sang coule-t-il encore chez nous ? Pourquoi, plusieurs compatriotes reprennent-ils les armes contre leurs frères et sœurs  et contre le pouvoir de Kinshasa ? Pourquoi n’attendent-ils pas 2011 pour qu’ils accèdent démocratiquement au pouvoir afin qu’ils réussissent à se faire entendre au sein des institutions légales et légitimes ? Sont-ils tous « des terroristes » et des bandits de grand chemin dont parle le pouvoir de Kinshasa ?

Avant de traiter de la question  du leadership congolais (après les indépendances), je tiens à rappeler que la réussite de la mission coloniale dans notre pays était en partie liée à l’alliance ayant existé entre les trois M (le marchand, le militaire et le missionnaire). Cette réussite a été le fruit d’un leadership collectif, c’est-à-dire de la mise en pratique d’une vision de la colonie par une élite coloniale plurielle opérant en réseau. Nos luttes pour l’indépendance n’ont pas tellement intégré cet élément de travail en réseau.

Quand ceux qui, hier, ont pris les armes contre Mobutu avouent à qui voudrait les entendre qu'ils l?ont fait pour éradiquer la dictature au Congo de Lumumba, ils donnent l'impression de tricher avec notre histoire. Ils font comme s'ils n'avaient pas été manipulés par une main extérieure ; la même qui, hier, avait fabriqué Mobutu et avait soutenu son pouvoir dictatorial pendant presque trois décennies. C'est vrai. Il fallait mettre fin à la dictature de Mobutu. Mais comment  Placés face à cette question, plusieurs d'entre nous et certains de « nos amis » répondent : « N'importe comment, à n'importe quel prix, il fallait que Mobutu partent ». Nos populations, elles, dupées par « les libérateurs du 17 mai 1997 » avaient vite cru au renversement de la vapeur pour un Congo où le bonheur collectif pourrait être partagé. Hélas ! Les mêmes faiseurs des rois étant aux commandes, le miracle ne s'est pas produit. L'étourderie de certains d?entre nous aidant !