Politique
mercredi juin 28, 2017
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La magie de l’Internet nous permet de réentendre le discours de Patrice Emery Lumumba ayant jetée de l’huile sur le feu de ses bourreaux. Il arrive, qu’à peu près cinq décennies après sa mort, nous entendions les propos du genre : « Lumumba était un immature politique ; il lui manquait du réalisme politique ; etc. » Avec la magie de l’Internet, quand nous visualisons le passage entre le discours du Roi Baudouin et celui de Lumumba, nous nous rendons compte que ce dernier ose une parole vraie à contretemps. Il improvise un discours dont le contenu met à nu des pratiques odieuses cachées derrière le mot « civilisation ».

 

Oser une parole à contretemps, c’est enfreindre les règles convenues : celles qui vous confèrent un statut et une place dont vous ne devez, dans l’entendement de vos « maîtres » vous départir. Dans ce contexte, le manque de réalisme signifie le refus de la langue de bois. Un refus fondé sur un nationalisme incontrôlable et un courage « sorcier », soutiens d’une lutte ardente et idéaliste.

L’entrée du CNDP au gouvernement du Nord-Kivu et ses tentatives pour avoir ses membres au gouvernement de Kinshasa sont (aussi) un retour à la lecture ethniciste (et réductionniste) de la guerre d’agression à laquelle les dignes filles et fils de notre peuple résiste jusqu’à ce jour.  Les ennemis de nos populations jouent sur le facteur temps. Fins connaisseurs du non-attachement de plusieurs d’entre nous aux écrits, ils recourent au temps qui passe pour nous faire avaler les solutions que nous avons rejetées hier.

Le Nord-Kivu vient de donner le ton. Le CNDP entre  au gouvernement. Ceci serait la concrétisation des accords signés à Goma le 23 mars.  Julien Paluku, par  son porte-parole, Célestin Cibomana, a annoncé hier lundi 28 décembre 2009 que la nommination  de quelques éléments des « ex-groupes armés » dans son gouvernement  s’inscrivait dans le cadre des accords signés le 23 mars. "C'est le cas du ministre provincial de la Justice, droits humains et réinsertion de la population qui provient du Congrès national pour la Défense du peuple (CNDP) ainsi que des différents conseillers du gouverneur, identifiés comme anciens du Patriote Résistant Congolais (PARECO) et d'autres groupes armés", a-t-il souligné sans donner d'autres précisions, rapporte Xinhuanet.

 

La dernière sortie médiatique du Commissaire Européen au développement, l'ex-ministre Belge des Affaires Etrangères fait couler beaucoup d'encre. Le journal Le Potentiel (de ce vendredi 18 décembre 2009) a même publié un article intitulé « En disant chercher des interlocuteurs appropriés » en RDC, Karel De Gucht provoque Joseph Kabila ». Le Ministre Congolais chargé de la Communication, a pour sa part, posé la question de savoir de quel Congo Karel De Gucht parlait.

Déployons un petit effort pour situer les propos de Karel De Gucht dans le contexte global de ce qui se passe chez nous. La sortie médiatique de Karel De Gucht coïncide avec l'ouverture, à Kinshasa, d'un forum sur la corruption. Le vice-premier Ministre qui a ouvert ce forum, Emile Bongeli, a confessé sa honte face aux proportions atteintes par la corruption dans notre pays.