Politique
dimanche juillet 15, 2018
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Avant de traiter de la question  du leadership congolais (après les indépendances), je tiens à rappeler que la réussite de la mission coloniale dans notre pays était en partie liée à l’alliance ayant existé entre les trois M (le marchand, le militaire et le missionnaire). Cette réussite a été le fruit d’un leadership collectif, c’est-à-dire de la mise en pratique d’une vision de la colonie par une élite coloniale plurielle opérant en réseau. Nos luttes pour l’indépendance n’ont pas tellement intégré cet élément de travail en réseau.

Quand ceux qui, hier, ont pris les armes contre Mobutu avouent à qui voudrait les entendre qu'ils l?ont fait pour éradiquer la dictature au Congo de Lumumba, ils donnent l'impression de tricher avec notre histoire. Ils font comme s'ils n'avaient pas été manipulés par une main extérieure ; la même qui, hier, avait fabriqué Mobutu et avait soutenu son pouvoir dictatorial pendant presque trois décennies. C'est vrai. Il fallait mettre fin à la dictature de Mobutu. Mais comment  Placés face à cette question, plusieurs d'entre nous et certains de « nos amis » répondent : « N'importe comment, à n'importe quel prix, il fallait que Mobutu partent ». Nos populations, elles, dupées par « les libérateurs du 17 mai 1997 » avaient vite cru au renversement de la vapeur pour un Congo où le bonheur collectif pourrait être partagé. Hélas ! Les mêmes faiseurs des rois étant aux commandes, le miracle ne s'est pas produit. L'étourderie de certains d?entre nous aidant !

Le court-termisme dans lequel s’enferment les gouvernants Congolais depuis les guerres de l’AFDL, du RCD et du CNDP risque d’avoir des conséquences graves dans un avenir assez proche. Notre pays risque de s’enfoncer dans une somalisation qui ne dit pas son nom.

Du côté des analystes et journalistes politiques, il arrive que nous soyons trop vite contents quand, sans une étude approfondie des stratégies  auxquelles recourent « les cosmocrates » et leurs supplétifs-bandits de grand chemin, nous croyons trop rapidement à leur rhétorique. Après qu’ils nous aient fait croire que la paix à l’Est de notre pays pouvait se passer de la justice, tous ces bandits ont été déversés dans les institutions du pays et dans l’armée. Aujourd’hui, nous sommes étonnés que Global Witness témoigne que le CNDP, l’un des bras armé du Rwanda, contrôle les sites des matières premières stratégiques de notre pays. Dans l’entretemps, aucune action (en justice ou parlementaire) n’est engagée contre les gouvernants ayant troqué nos matières premières et la vie de nos masses populaires contre une paix de cimetière !

Accompagné de son épouse, Etienne Tshisekedi a assisté ce dimanche 7 mars 2010 à la célébration œcuménique organisée par l'Udps pour commémorer les martyrs du 16 février 1992. Cadre: Eglise Saint Pierre de Jette à Bruxelles.

 

Intervenant à la fin de la messe marquée par l'interpelant sermon prononcé par Jean-Pierre Mbelu, l'un des concélébrants, Etienne Tshisekedi a, après avoir remercié les organisateurs, répondu à la question mise en exergue sur les divisions qui minent l'Udps. Sans aller par le dos de la cuillère, M. Tshisekedi a affirmé:" J'ai le malheur de répondre que l'Udps est en morceaux". Le président national de l'Udps a profité de l'occasion pour interpeller ses concitoyens venus nombreux à la paroisse Saint Pierre de Jette en les invitant à ne pas s'arrêter aux émotions ni à l'étape des murmures en secret, mais à passer aux actions. Il les a également exhorté à profiter de leur présence dans un pays démocratique comme la Belgique pour parler des problèmes du Congo à haute voix et non en coulisses. Car, a-t-il souligne, ce qui se passe dans notre pays est simplement inacceptable.