Politique
dimanche octobre 21, 2018
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La première partie de cet article a été publiée avant que le député Jean Lucien Bussa ait conclu la question orale qu’il avait adressée au Premier Ministre Muzito. Cette conclusion a créé un débat sur ce qui serait considéré comme l’enrichissement illicite de Muzito si les faits soulevés venaient à être confirmés par une justice indépendante ( ?). Pour plus d’un compatriote ayant participé à ce débat, Muzito ne serait pas un bouc émissaire. Il ferait partie d’un réseau de criminels économiques et autres maffieux ayant décidé de mettre notre pays à genoux. Ces compatriotes reconduisent un lieu commun dans la mesure où les gouvernants actuels, à quelques exceptions près, sont une émanation du « conglomérat d’aventuriers » de l’AFDL ayant utilisé le processus (dit) démocratique pour se refaire une santé politique. Hélas ! Chasser le naturel, il revient au galop, dit-on.

En marge des Congolais(es) n’ayant pas cru dans le processus (dit) démocratique  enclenché chez nous en 2005-2008, il y en a qui, au sein des institutions issues de ce processus, disent leur frustration. Après les députés de l’Equateur et un groupe de députés du Kasaï-Occidental (Dominique Kanku, Alex Kande et Ndaye Nkondo),  Les honorables du Sud-Kivu, réunis au sein d’un caucus, ont adressé un mémorandum au Premier Ministre Muzito (le mardi 26 avril 2010).

 

Dans la conclusion de  son discours du  mardi 24 avril 1990, Mobutu disait ceci à ses chers compatriotes : « Une page nouvelle de notre pays vient de s'ouvrir et je me permets de nourrir de grandes espérances sur l'avenir de nos institutions, prémices de tout progrès. » Et le samedi 24 avril 2010, 20 ans après ce discours, une marche d’un groupe de partis de l’opposition est dispersée.

Selon la Radio Okapi, « une centaine de policiers ont dispersé (…) sur le  boulevard triomphal à Kinshasa, les partisans des  partis politiques ECIDé (Engagement pour la citoyenneté et le développement) et UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) ainsi que ceux de l’Union pour la nation (UN). Ces militants voulaient commémorer le 20e anniversaire du lancement officiel du multipartisme et de la démocratie en RDC par feu maréchal Mobutu. Certains cadres et partisans de ces partis ont été interpellés. Parmi les cadres interpellés figuraient le député provincial de Kinshasa Martin Fayulu d’ECIDé  et Albert Moleka, cadre de l’UDPS. Les partis organisateurs s’étonnent de l’annulation brusque de cette manifestation, alors que l’autorité urbaine était informée depuis le 13 avril. »

La date du 24/04/1990 est venue s’ajouter à de nombreux autres  rendez-vous manqués de notre histoire politique, ces événements   à propos desquels le peuple congolais a  nourri tant d’espoirs mais qui  - à l’instar du 30/06/1960 par exemple – n’ont  accouché que d’une souris, laissant  à beaucoup un gout d’inachevé et suscitant à la fois  frustration et déception. Ce jour-là, comme le MPR venait de tomber de son piédestal sous la sécousse de la perestroika dont l’onde de choc venait de se faire sentir jusqu’aux bords du fleuve Congo, l’inimaginable s’est produit avec la proclamation du multipartisme. Enfin, soupirait-on, cette compétition politique donnera aux acteurs politiques de rivaliser d’imagination au sein de leurs formations politiques respectives afin de conduire ce grand pays vers le progrès auquel il aspire ; enfin,  une nouvelle classe politique insufflera du sang neuf au jeu politique et corrigera les travers du MPR en sortant des sentiers battus. Enfin, se permettait-on de rêver, l’alternance est envisageable à terme.  Vingt ans après, toutes ces aspirations  légitimes sont restées vœux pieux. Alors que l’on s’attendait à ce que de même qu’il y ait un gouvernement qui gouverne (quoique mal) il y ait pareillement une opposition qui s’oppose en se posant en vigile et en alternative crédible, on a beau chercher une telle opposition mais elle fait cruellement défaut, pointée plutôt aux abonnés absents.