Politique
jeudi avril 26, 2018
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Dérive totalitaire dangereuse au Kasaï-Oriental. Ngoyi Kasanji, le gouverneur de cette province diamantifère pauvre est monté sur ses grands chevaux pour dire tout le mal qu’il pense de la chaîne de radio et télévision dénommée Radio Télévision Débout Kasaï, RTDK. C’était au cours d’une séance de communication tenue à l’intention des journalistes de la Ville de Mbuji-Mayi le jeudi 14 janvier courant.

 

Quel est ce péché dont s’est rendu coupable la RTDK ? Selon la Radio Okapi qui rapporte cette information, Ngoyi Kasanji accuse la RTDK d’altérer ou de refuser intentionnellement de diffuser ses activités. Le gouverneur de province a fait mention du refus catégorique de la RTDK, depuis un temps, de faire passer son image lorsqu’il préside les cérémonies officielles.

Alphonse Ngoyi Kasanji relève également que les journalistes de la RTDK ne traitent qu’une partie de l’information le concernant. Il estime que cela porte atteinte à sa personne en tant qu’autorité provinciale.

La magie de l’Internet nous permet de réentendre le discours de Patrice Emery Lumumba ayant jetée de l’huile sur le feu de ses bourreaux. Il arrive, qu’à peu près cinq décennies après sa mort, nous entendions les propos du genre : « Lumumba était un immature politique ; il lui manquait du réalisme politique ; etc. » Avec la magie de l’Internet, quand nous visualisons le passage entre le discours du Roi Baudouin et celui de Lumumba, nous nous rendons compte que ce dernier ose une parole vraie à contretemps. Il improvise un discours dont le contenu met à nu des pratiques odieuses cachées derrière le mot « civilisation ».

 

Oser une parole à contretemps, c’est enfreindre les règles convenues : celles qui vous confèrent un statut et une place dont vous ne devez, dans l’entendement de vos « maîtres » vous départir. Dans ce contexte, le manque de réalisme signifie le refus de la langue de bois. Un refus fondé sur un nationalisme incontrôlable et un courage « sorcier », soutiens d’une lutte ardente et idéaliste.

L’entrée du CNDP au gouvernement du Nord-Kivu et ses tentatives pour avoir ses membres au gouvernement de Kinshasa sont (aussi) un retour à la lecture ethniciste (et réductionniste) de la guerre d’agression à laquelle les dignes filles et fils de notre peuple résiste jusqu’à ce jour.  Les ennemis de nos populations jouent sur le facteur temps. Fins connaisseurs du non-attachement de plusieurs d’entre nous aux écrits, ils recourent au temps qui passe pour nous faire avaler les solutions que nous avons rejetées hier.

Le Nord-Kivu vient de donner le ton. Le CNDP entre  au gouvernement. Ceci serait la concrétisation des accords signés à Goma le 23 mars.  Julien Paluku, par  son porte-parole, Célestin Cibomana, a annoncé hier lundi 28 décembre 2009 que la nommination  de quelques éléments des « ex-groupes armés » dans son gouvernement  s’inscrivait dans le cadre des accords signés le 23 mars. "C'est le cas du ministre provincial de la Justice, droits humains et réinsertion de la population qui provient du Congrès national pour la Défense du peuple (CNDP) ainsi que des différents conseillers du gouverneur, identifiés comme anciens du Patriote Résistant Congolais (PARECO) et d'autres groupes armés", a-t-il souligné sans donner d'autres précisions, rapporte Xinhuanet.