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lundi septembre 20, 2021
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Exprimer un désir de changement est quelque chose de magnifique. En remontant l'histoire au Congo-Kinshasa, il y a lieu de dire que cette expression ne date pas d'hier. Néanmoins,l'une des questions liées à l'expression du désir de changement est celle savoir pourquoi elle tarde à devenir effective. Une autre est celle de la personne et/ou d'un leadership collectif pouvant l'incarner tout en étant comptable, en permanence, devant les masses populaires ayant participé à ''son élection''.

Il est curieux de remarquer qu'au Congo-Kinshasa, les promesses électoralistes faites aux masses populaires fanatisées ne soient pas accompagnées de la présentation des mécanismes officiels et constitutionnels de contrôle citoyen pouvant légitimer, au cours du mandat ''des élus'', ''le pouvoir'' en place. Aussi ces masses semblent-elles oublier que ''les cinq chantiers'' et ''la révolution de la modernité'' chers à ''la kabilie'' leur ont été présentés à peu près dans les mêmes termes.

Ces masses appauvries applaudissent les membres de ''la République de la Gombe'' et/ou ''de Limite'' battant leur ''campagne électoraliste'' en avion. Elles applaudissent et demandent à ceux qui viennent solliciter leurs suffrages : ''Yo oza moto ya nani'' ? Les programmes de gouvernement et les projets de société tout comme la provenance des avions ne rentrent pas dans leurs préoccupations. Elles ne se posent pas cette question simple : '' Comment, dans un pays appauvri pendant plus de cinq décennies, certains parmi nous ont-ils fait pour être capables de battre leur ''campagne électoraliste'' en avion ? D'où leur vient cet argent qu'ils utilisent et qu'ils sont capables de jeter dans la rue ? Comment feront-ils, demain, pour le récupérer ? A qui sont-ils et seront-ils redevables ?

Dans la question, ''Yo oza moto ya nani'', il y a comme un renoncement à l'identité collective originaire. Il y a comme une acceptation volontaire ou involontaire, consciente ou inconsciente, de la dépossession du ''bomoto'', de ''l'être-soi'', pour soi et avec les autres. Il y a comme un rejet volontaire ou involontaire, conscient ou inconscient de ''l'être collectif congolais'' pour une adhésion aux (discours des) membres de ''la République de la Gombe'' et/ou ''de Limite''.

A mon avis, cela est un mauvais signe. Il est annonciateur de la perpétuation d'un ''chaos collectif'' lié au mépris que les masses populaires congolaises, à quelques exceptions près, ont de leur identité, de leur ''bomoto'' et de leurs intérêts d'appauvries.

Elles sont prêtes à se mener des ''guerres tribales'', ''ethniques'', ''fanatiques'' dans la mesure où elles ont intégré la politique du ''diviser pour régner'' dans leur approche aveuglée et aveugle des copains et coquins de ''la Républiques de la Gombe'' et de celle de ''Limete'' ; ces négriers des temps modernes, majoritairement conquis, dans leurs cœurs et dans leurs esprits par la sous-traitance des trans et multinationales.

Oui, Bénédicte Kumbi, ''le Congo-Kinshasa est dans l'abîme''. Le dimanche 23 décembre 2018 n'arrangera rien. Je suis pessimiste sur le court-terme. Le mal est profond. Renoncer à soi, c'est être prêt pour l'esclavage.

 

Babanya Kabudi

Génération Lumumba 1961