Politique
lundi septembre 20, 2021
Register

Depuis « la guerre de libération de l’AFDL », le sang des filles et des fils de notre peuple coule chez nous. Le viol et le vol sont devenus des véritables armes de guerre. Nos populations, dans leur immense majorité, aspirent à la paix. Celle-ci tarde à s’établir sur toute l’étendue de notre territoire. Pourquoi ? Pourquoi après les élections dites libres, transparentes et démocratiques de 2006, le sang coule-t-il encore chez nous ? Pourquoi, plusieurs compatriotes reprennent-ils les armes contre leurs frères et sœurs  et contre le pouvoir de Kinshasa ? Pourquoi n’attendent-ils pas 2011 pour qu’ils accèdent démocratiquement au pouvoir afin qu’ils réussissent à se faire entendre au sein des institutions légales et légitimes ? Sont-ils tous « des terroristes » et des bandits de grand chemin dont parle le pouvoir de Kinshasa ?

Avant de traiter de la question  du leadership congolais (après les indépendances), je tiens à rappeler que la réussite de la mission coloniale dans notre pays était en partie liée à l’alliance ayant existé entre les trois M (le marchand, le militaire et le missionnaire). Cette réussite a été le fruit d’un leadership collectif, c’est-à-dire de la mise en pratique d’une vision de la colonie par une élite coloniale plurielle opérant en réseau. Nos luttes pour l’indépendance n’ont pas tellement intégré cet élément de travail en réseau.

Quand ceux qui, hier, ont pris les armes contre Mobutu avouent à qui voudrait les entendre qu'ils l?ont fait pour éradiquer la dictature au Congo de Lumumba, ils donnent l'impression de tricher avec notre histoire. Ils font comme s'ils n'avaient pas été manipulés par une main extérieure ; la même qui, hier, avait fabriqué Mobutu et avait soutenu son pouvoir dictatorial pendant presque trois décennies. C'est vrai. Il fallait mettre fin à la dictature de Mobutu. Mais comment  Placés face à cette question, plusieurs d'entre nous et certains de « nos amis » répondent : « N'importe comment, à n'importe quel prix, il fallait que Mobutu partent ». Nos populations, elles, dupées par « les libérateurs du 17 mai 1997 » avaient vite cru au renversement de la vapeur pour un Congo où le bonheur collectif pourrait être partagé. Hélas ! Les mêmes faiseurs des rois étant aux commandes, le miracle ne s'est pas produit. L'étourderie de certains d?entre nous aidant !

Le court-termisme dans lequel s’enferment les gouvernants Congolais depuis les guerres de l’AFDL, du RCD et du CNDP risque d’avoir des conséquences graves dans un avenir assez proche. Notre pays risque de s’enfoncer dans une somalisation qui ne dit pas son nom.

Du côté des analystes et journalistes politiques, il arrive que nous soyons trop vite contents quand, sans une étude approfondie des stratégies  auxquelles recourent « les cosmocrates » et leurs supplétifs-bandits de grand chemin, nous croyons trop rapidement à leur rhétorique. Après qu’ils nous aient fait croire que la paix à l’Est de notre pays pouvait se passer de la justice, tous ces bandits ont été déversés dans les institutions du pays et dans l’armée. Aujourd’hui, nous sommes étonnés que Global Witness témoigne que le CNDP, l’un des bras armé du Rwanda, contrôle les sites des matières premières stratégiques de notre pays. Dans l’entretemps, aucune action (en justice ou parlementaire) n’est engagée contre les gouvernants ayant troqué nos matières premières et la vie de nos masses populaires contre une paix de cimetière !